Dans une salle de classe occupée, le dioxyde de carbone est un indicateur particulièrement utile pour évaluer le renouvellement de l’air. Encore faut-il savoir interpréter la mesure, comprendre ce qu’elle signifie réellement et surtout savoir quoi faire lorsqu’elle augmente.
Une salle de classe rassemble souvent plusieurs dizaines de personnes pendant une durée prolongée. À mesure que les occupants respirent, la concentration de CO₂ augmente. Cette évolution permet de disposer d’un signal simple du niveau de confinement de la pièce et de vérifier si le renouvellement de l’air est suffisant.
Le point essentiel : mesurer le CO₂ ne revient pas à mesurer toute la qualité de l’air intérieur. Le CO₂ renseigne principalement sur le renouvellement de l’air dans un local occupé. D’autres paramètres et polluants peuvent nécessiter une analyse complémentaire.
CO₂ dans une salle de classe : quels seuils faut-il surveiller ?
Dans le cadre de l’évaluation réglementaire des moyens d’aération de certains établissements accueillant des enfants, l’interprétation des mesures de CO₂ repose aujourd’hui sur deux valeurs particulièrement importantes : 800 ppm et 1 500 ppm.
Dans un local occupé, cette valeur traduit un renouvellement de l’air considéré comme satisfaisant dans le cadre réglementaire concerné.
Le dépassement de 800 ppm doit conduire à mettre en œuvre des actions permettant de retrouver un renouvellement d’air satisfaisant.
Il convient alors d’agir dans les plus brefs délais sur les causes du dépassement afin d’améliorer le renouvellement de l’air.
Une mesure isolée reste par ailleurs moins informative qu’une observation réalisée dans les conditions normales d’occupation de la salle. L’heure, le nombre de personnes présentes, la durée d’occupation, l’ouverture des fenêtres et le fonctionnement de la ventilation influencent directement la concentration observée.
Pourquoi le CO₂ augmente-t-il si rapidement dans une salle de classe ?
L’air extérieur contient naturellement du CO₂. À l’intérieur, les occupants en rejettent également lorsqu’ils respirent. Dans une pièce peu occupée et correctement renouvelée, cette production est facilement évacuée.
Dans une salle de classe, la situation est différente : de nombreux élèves et enseignants partagent le même volume pendant plusieurs heures. Si l’apport d’air neuf n’est pas suffisant, le CO₂ produit par les occupants s’accumule progressivement.
Occupation importante
Plus le nombre d’occupants est élevé par rapport au volume du local, plus la concentration peut évoluer rapidement.
Aération insuffisante
Des fenêtres rarement ouvertes ou difficiles à utiliser peuvent limiter le renouvellement ponctuel de l’air.
Ventilation défaillante
Bouches encrassées, débits insuffisants, réglages inadaptés ou circulation d’air perturbée peuvent réduire les performances.
Bâtiment transformé
Une rénovation, une amélioration de l’étanchéité ou un changement d’usage peut modifier fortement le comportement aéraulique du bâtiment.
Le CO₂ est précieux, mais il ne raconte pas toute l’histoire de l’air intérieur
Le CO₂ est surtout utilisé comme indicateur du renouvellement de l’air et du confinement lié à l’occupation humaine. Une valeur correcte ne signifie pas automatiquement que l’ensemble des polluants présents dans le bâtiment est maîtrisé.
La qualité de l’air intérieur peut également être influencée par les matériaux, le mobilier, les produits d’entretien, les activités réalisées dans les locaux, l’humidité, l’environnement extérieur ou encore le fonctionnement des équipements.
Une démarche QAI complète peut donc s’intéresser, selon le contexte, au CO₂, aux composés organiques volatils, au formaldéhyde, aux particules fines, au dioxyde d’azote, à la température ou encore à l’humidité relative.
C’est précisément pourquoi un capteur de CO₂ constitue un excellent outil d’alerte et de pilotage, mais pas nécessairement un diagnostic complet à lui seul.
Que faire lorsqu’une salle de classe dépasse régulièrement 800 ppm ?
L’objectif n’est pas simplement de faire disparaître une valeur affichée sur un écran. Il faut comprendre pourquoi le renouvellement de l’air devient insuffisant et trouver une réponse compatible avec le fonctionnement réel de l’établissement.
Observer la mesure dans son contexte
Vérifier le nombre d’occupants, la durée depuis le début du cours, le fonctionnement de la ventilation et les pratiques d’ouverture des fenêtres.
Aérer lorsque cela est possible
L’ouverture des fenêtres permet d’augmenter rapidement le renouvellement d’air lorsque les conditions extérieures et l’usage du bâtiment le permettent.
Vérifier les moyens d’aération et de ventilation
Ouvrants, entrées d’air, grilles, bouches d’extraction, débits et fonctionnement des équipements doivent être examinés.
Analyser la répétition des dépassements
Un dépassement ponctuel et une salle qui atteint régulièrement des concentrations élevées après quelques dizaines de minutes ne racontent pas la même histoire.
Corriger la cause plutôt que le symptôme
Réglage, entretien, augmentation des débits, amélioration de la circulation d’air ou évolution du système : la réponse dépend du bâtiment et des défauts réellement observés.
Aérer davantage ne suffit pas toujours
L’ouverture des fenêtres est un levier simple et efficace, mais elle dépend forcément des occupants. Elle peut aussi devenir plus délicate en hiver, lors d’épisodes de chaleur, lorsque l’environnement extérieur est bruyant ou lorsque les contraintes de sécurité limitent l’ouverture.
Si les concentrations de CO₂ remontent systématiquement très vite, si certaines salles se comportent beaucoup moins bien que d’autres ou si le bâtiment a récemment été rénové, il devient pertinent de regarder le système de ventilation dans son ensemble.
Une analyse technique peut notamment comparer les débits réellement mesurés aux besoins, contrôler les entrées et sorties d’air, identifier des obstructions, examiner la régulation et étudier la circulation de l’air entre les différents espaces.
Le bon raisonnement n’est donc pas uniquement « le CO₂ est élevé, ouvrons une fenêtre », mais plutôt « pourquoi cette pièce se confine-t-elle et comment assurer durablement un renouvellement de l’air adapté ? »
Mesurer. Comprendre. Puis agir.
Basée à Saverne, Ampair accompagne les collectivités, établissements, entreprises et professionnels du bâtiment autour des problématiques de qualité de l’air intérieur et de ventilation en Alsace et plus largement dans le Grand Est.
L’objectif n’est pas de proposer une solution standard à toutes les salles. Chaque bâtiment possède son propre fonctionnement : occupation, volume, enveloppe, équipements, réseaux et usages doivent être étudiés ensemble.
Questions fréquentes sur le CO₂ dans les salles de classe
À partir de combien de ppm de CO₂ faut-il agir dans une salle de classe ?
Un taux de CO₂ élevé signifie-t-il que l’air est toxique ?
Un capteur de CO₂ suffit-il pour contrôler toute la qualité de l’air ?
Faut-il simplement ouvrir les fenêtres lorsque le CO₂ augmente ?
Ampair peut-il intervenir dans une école ou un bâtiment public ?
Votre école présente régulièrement des concentrations élevées de CO₂ ?
Ampair peut vous aider à comprendre le fonctionnement réel du bâtiment, analyser sa ventilation et identifier les leviers permettant d’améliorer durablement la qualité de l’air intérieur.


