En hiver, renouveler l'air d'une salle de classe peut devenir un véritable casse-tête. Les fenêtres restent fermées pour conserver la chaleur, tandis que les élèves et les enseignants occupent les locaux pendant plusieurs heures. Pourtant, un air insuffisamment renouvelé peut entraîner une accumulation de CO₂, d'humidité et de polluants.
Pour les communes et les établissements scolaires, l'enjeu consiste à concilier trois objectifs : préserver la qualité de l'air intérieur, maintenir un confort thermique satisfaisant et maîtriser les consommations énergétiques.
Cette démarche repose avant tout sur une bonne connaissance du bâtiment et de son système de ventilation.
- Le renouvellement de l'air reste nécessaire pendant toute la saison de chauffe.
- Le CO₂ aide à apprécier l'efficacité de l'aération dans une salle occupée.
- La ventilation mécanique doit être vérifiée et entretenue lorsqu'elle existe.
- Une stratégie adaptée au bâtiment limite les ouvertures inutiles et améliore le confort.
Pourquoi les salles de classe sont-elles particulièrement concernées ?
Une salle de classe accueille généralement de nombreux occupants dans un espace fermé, parfois pendant plusieurs heures consécutives. La respiration humaine y produit du dioxyde de carbone (CO₂), qui peut s'accumuler si l'air n'est pas suffisamment renouvelé.
Parallèlement, les activités quotidiennes, les matériaux et les produits d'entretien peuvent contribuer à la présence d'autres polluants dans l'environnement intérieur.
En période froide, les besoins de chauffage rendent l'aération plus contraignante. Certaines équipes hésitent alors à ouvrir les fenêtres, par crainte de refroidir les pièces ou d'augmenter les dépenses énergétiques.
Pourtant, conserver la chaleur ne doit pas conduire à négliger le renouvellement de l'air.
Le CO₂ : un indicateur utile pour adapter l'aération
La mesure de la concentration en CO₂, exprimée en parties par million (ppm), permet d'apprécier l'accumulation d'air expiré dans un local occupé et de mieux comprendre son renouvellement.
Une augmentation importante du CO₂ peut indiquer que l'apport d'air neuf est insuffisant par rapport au nombre d'occupants et à la durée d'utilisation.
Une concentration qui approche ou dépasse 800 ppm mérite une attention particulière et peut conduire à renforcer l'aération, selon les recommandations sanitaires et le contexte d'occupation. Ce repère ne doit pas être confondu avec une valeur limite réglementaire universelle.
Le CO₂ ne renseigne pas, à lui seul, sur la présence de tous les polluants de l'air intérieur.
L'intérêt d'un appareil de mesure est surtout de suivre l'évolution du CO₂ pendant l'occupation, après l'ouverture des fenêtres et dans différentes conditions d'utilisation.
Pour approfondir ce sujet, retrouvez notre article consacré au CO₂ dans les salles de classe et aux situations nécessitant une action.
Comment ventiler les écoles en hiver sans gaspiller l'énergie ?
1. Privilégier des ouvertures adaptées aux moments d'occupation
Lorsque la ventilation repose sur l'ouverture des fenêtres, des séquences d'aération peuvent être organisées avant l'arrivée des élèves, pendant les récréations et à d'autres moments pertinents de la journée.
La durée nécessaire dépend du nombre d'occupants, de la configuration des ouvertures, des conditions météorologiques et de la qualité du renouvellement d'air.
Une ouverture large et ponctuelle peut favoriser des échanges d'air rapides. Elle ne suffit toutefois pas toujours dans les salles très occupées : le suivi du CO₂ aide à déterminer si des ouvertures supplémentaires sont nécessaires pendant les cours.
2. Vérifier le fonctionnement de la ventilation mécanique
Dans les bâtiments équipés de ventilation mécanique, il est important de s'assurer que l'installation fonctionne conformément à sa conception et que les débits restent adaptés aux usages.
Un défaut d'entretien, un filtre encrassé, une bouche obstruée ou un réglage inadapté peuvent limiter les performances attendues.
3. Éviter les réglages improvisés
Diminuer arbitrairement les débits d'air pour économiser le chauffage n'est pas une bonne stratégie. Une réduction excessive peut détériorer la qualité de l'air intérieur.
Les réglages doivent tenir compte des besoins de renouvellement d'air, des exigences applicables et des caractéristiques de l'installation.
4. Étudier la récupération de chaleur lorsque le contexte s'y prête
Dans certains projets de rénovation, une ventilation double flux avec récupération de chaleur peut contribuer à limiter les pertes thermiques liées à l'apport d'air neuf.
Cette solution ne convient pas automatiquement à tous les bâtiments scolaires. Sa pertinence dépend notamment des réseaux disponibles, de la configuration des locaux, des contraintes d'entretien et du coût global.
5. Définir des consignes simples pour les équipes
Une stratégie de ventilation efficace doit pouvoir être comprise et appliquée au quotidien par les personnels de l'établissement.
Des consignes adaptées à chaque salle, associées à un suivi régulier, permettent de limiter les mauvaises pratiques et d'identifier plus facilement les anomalies.
Quatre points à examiner dans un bâtiment scolaire
01. Les équipements
Identifier les systèmes de ventilation présents, leur état général et leurs conditions de fonctionnement.
02. Les usages
Examiner l'occupation réelle des locaux, les horaires, les effectifs et les pratiques d'aération.
03. Les mesures
Observer les concentrations en CO₂, leur évolution et, selon les besoins, d'autres paramètres de qualité de l'air.
04. Le confort
Prendre en compte les températures ressenties, les courants d'air et les éventuelles surconsommations de chauffage.
Pourquoi un diagnostic technique peut-il être utile ?
Deux établissements de même taille peuvent avoir des besoins très différents. La conception du bâtiment, son niveau d'isolation, l'état des équipements et l'organisation des usages influencent directement les solutions envisageables.
Une évaluation technique permet de partir de la situation réelle plutôt que de préconiser systématiquement de nouveaux équipements.
Elle peut aider à identifier les pièces présentant des difficultés, à vérifier les performances de la ventilation existante et à hiérarchiser les améliorations possibles.
Cette démarche rejoint les obligations de surveillance de la qualité de l'air intérieur applicables à certains établissements scolaires, notamment l'évaluation annuelle des moyens d'aération.
L'approche d'Ampair pour les collectivités
Basée à Saverne, dans le Bas-Rhin, Ampair accompagne les collectivités et les gestionnaires de bâtiments dans le diagnostic de la ventilation existante, la mesure de la qualité de l'air intérieur et l'amélioration des performances énergétiques.
Notre approche consiste à analyser les installations et les besoins afin d'orienter les décisions techniques vers des solutions pertinentes pour chaque bâtiment.
L'objectif est de rechercher un équilibre cohérent entre renouvellement d'air, confort des occupants et maîtrise des consommations.
Questions fréquentes
Faut-il ouvrir les fenêtres d'une classe même en hiver ?
Oui, lorsque l'aération naturelle est nécessaire au renouvellement de l'air. Les modalités doivent être adaptées aux conditions météorologiques, à l'occupation des salles et aux éventuels équipements de ventilation mécanique.
Une salle équipée d'une VMC doit-elle aussi être aérée ?
Une ventilation mécanique correctement dimensionnée et entretenue est conçue pour assurer le renouvellement d'air prévu. Des ouvertures complémentaires peuvent être utiles selon les situations, les mesures et les usages.
Un capteur CO₂ suffit-il pour évaluer toute la qualité de l'air ?
Non. Le CO₂ constitue un indicateur du renouvellement de l'air en présence d'occupants. Il ne permet pas de mesurer directement les particules fines, les composés organiques volatils ou le formaldéhyde.
La ventilation double flux permet-elle de réduire le chauffage ?
La récupération de chaleur peut réduire certaines pertes énergétiques liées à la ventilation. Les économies réelles dépendent du bâtiment, de la performance du système, de ses réglages et de son entretien.
Améliorer l'air de vos bâtiments scolaires
Vous êtes une commune, une collectivité ou un gestionnaire d'établissement ? Ampair, à Saverne, peut vous accompagner sur les problématiques de ventilation et de qualité de l'air intérieur de vos bâtiments.
Échanger avec Ampair 06 45 07 07 59

